du 10 mars au 18 avril 2026

De L’un à l’autre

Exposition de Sylvie et Chérif Defraoui, Hee Won Lee et Cornelia Vogel

Que ce soit dans un rapport physique ou téléphonique, à travers une sculpture, une peinture ou une vidéo, l’exposition nous renvoie à l’intime, à ce qui se joue entre deux êtres et aux liens que nous entretenons les un.e.s avec les autres. Réalisée avec le concours du Département de la Seine-Saint-Denis et sa Collection départementale d’art contemporain, De L’un à l’autre invite au dialogue.

Conversation sur un radeau

de Sylvie et Chérif Defraoui, 1994
L’œuvre de Sylvie et Chérif Defraoui interroge tout d’abord les rapports que nous entretenons à la mémoire par des dispositifs où s’organisent les possibles moments d’une histoire autant privée qu’universelle, où chaque étape de travail vient articuler une généalogie aussitôt projetée vers son avenir.
Sur l’embarcation légère de Conversation sur un radeau, des géométries évidées et raides de deux sièges et une table invitent à un face-à-face silencieux, mortel. Ni sollicitation ni pathos. « Ce radeau, explique Sylvie Defraoui, est le dernier travail que j’ai fait avec Chérif, une sorte de conversation qui tourne infiniment sur l’eau. » Pas d’image de marque ni de style Defraoui. Au contraire, la volonté d’y échapper à tout prix, de travailler en un état de réflexivité aiguisée afin de faire apparaître dans leur évidence « les trames », comme elle les appelle, les redoutables systèmes, filets dans lesquels tout un chacun à tout moment se trouve pris.

Phone Tapping

de Hee Wong Lee, 2009
Hee Won Lee aime raconter des histoires, des récits poétiques qui dissimulent une réflexion sur la réalité. On pénètre dans ses œuvres à travers un monde séduisant et enchanté, presque magique. Mais plus on y pénètre, plus la réalité sous-jacente se révèle, révélant ainsi la dimension critique de l’œuvre.
Phone Tapping se construit sur un moment de bascule imperceptible qui nous mène du jour vers la nuit : un instant fugace. Plusieurs voix-off se croisent via des téléphones portables, tandis que la caméra scrute de loin les lumières de la ville de Séoul. Est-ce la quête d’une concordance entre le récit et l’image ? L’avènement d’un nouvel espace psychique ? Un conte urbain ?

Journal Intime

de Cornelia Vogel, 1990-1991
Cornelia Vogel peint en ne proposant que des bribes, comme si la fragmentation d’une scène lui permettait de revêtir d’autres formes. Dans un va et vient entre le dedans et le dehors, elle amène à penser l’espace, le monde, l’emplacement dans l’espace et le rapport avec autrui.
Journal intime est composé de plusieurs pièces : Elle et Lui, Portrait d’un chien inconnu, Parapluie, Parcours Floral et Le Territoire d’une pintade. Ensemble, ces peintures nous racontent une histoire à moins que ce ne soit elle et lui qui nous la narre ou que ce soit nous-même qui l’imaginons...

Entrée libre
Visite commentée sur rendez-vous

Ouvert du mardi au vendredi de 13 h à 20 h, le samedi de 10 h à 18 h.
Fermé le lundi, le dimanche et les jours fériés.