samedi 21 novembre 2026 à 15 h 30

Monet et l’Impressionnisme

Conférence d’histoire de l’art par Sylvie Testamarck

Une conférence faite en écho à l’exposition Monet, peindre le temps proposée du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027 au musée de l’Orangerie.

Né à Paris, Monet grandit au Havre où il découvre la pratique du plein air grâce à Eugène Boudin. Peindre sur le motif devient dès lors fondamental. Il n’est plus question pour lui de composer un paysage selon des règles académiques, il s’agit désormais d’en capter au plus près les impressions fugitives.

À Paris, il fréquente l’atelier de Charles Gleyre, y rencontre Renoir, Bazille, Pissaro, Sisley. En 1874 est inaugurée la première exposition de La Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs dans les ateliers de Nadar. Monet y présente huit toiles dont Impression, Soleil levant. C’est le titre de celle-ci, d’abord employé de manière ironique par la critique, qui donnera plus tard son nom au mouvement tout entier. L’œuvre, en effet, a de quoi choquer : la touche est fragmentée, le dessin maladroit, les contours inexistants. C’est que Monet ne peint pas ce qu’il sait, il peint ce qu’il voit : un monde en permanence transformé par les variations de la lumière devenue ici le véritable sujet du tableau.

C’est à Giverny, où il s’installe en 1883, que cette quête peut définitivement s’approfondir. Avec ses grandes séries Les Meules, Les Peupliers, Les Cathédrales, les Nymphéas, il développe une démarche inédite inspirée des estampes d’Hokusai et d’Hiroshige dont il est un grand collectionneur. Un même sujet est repris à différentes heures de la journée selon les saisons et le temps qu’il fait, suggérant par là-même une idée fondamentale : la réalité visible n’est jamais fixe, elle est en permanence soumise aux variations de la lumière et du temps.

Monet s’inscrit dans une constellation d’artistes participant chacun à leur manière à la redéfinition du langage pictural, rompant avec les règles académiques tant dans les techniques employées que dans le choix des sujets. Il y occupe néanmoins une place essentielle. En libérant la peinture des contraintes traditionnelles, il a ouvert la voie à des formes plus abstraites et expressives, qui inspireront des artistes comme Joan Mitchell plusieurs décennies plus tard.

S.T

Entrée libre adhérents et – de 18 ans
Adhérents partenaires tremblaysiens : 3 €
Non adhérents : 5 €